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la Presse Malienne

Semaine du 14 au 20 Janvier 2001

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LES ECHOS DU 7/12
REVISION DES LISTES ELECTORALES: Les journalistes veulent comprendre


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Primaires de l'ADEMA : IBA N'DIAYE SE RETIRE: Le maire de Bamako annonce aussi son soutien au candidat Mandé

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ACTUALITÉ

INFO-MATIN DU 9/01/02
REPLÂTRAGE DU GOUVERNEMENT:

Le Président KONARE viole les principes républicains et démocratiques !
Avec la démission du Ministre de l’Équipement, de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme, Soumaïla CISSE, pour cause de candidature aux prochaines présidentielles, et son remplacement par Alhassane Ag MOUSSA, le gouvernement Mandé vient à nouveau de connaître sa troisième mouture, notamment après le retrait forcé de Adama KONE des Sports et Oulématou TAMBOURA de la Communication. Les présidentielles étant prévues dans trois mois, un remaniement crédible est-il encore possible, pour voir le départ d’un Premier Ministre dont la candidature fait de moins en moins de doute ? Le Mali connaîtra-t-il vraiment des élections transparentes et apaisées avec un gouvernement divisé, affaibli et dont les membres sont acquis aux différents candidats ? Une occasion ratée…

Attendu depuis des mois, et surtout dès le début du processus des primaires, le moins que l’on puisse dire est que ce véritable replâtrage de l’exécutif en aura surpris plus d’un, justement par son absence de surprise. Et pour cause, le Président KONARE, dans la conjoncture actuelle, était attendu sur ce terrain, tant la problématique d’élections crédibles et transparentes se pose avec acuité sur le double plan de la présence, à la tête de l’exécutif, du candidat équivoque, le Premier Ministre Mandé SIDIBE et du Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, Ousmane SY, le maître d’œuvre des futures élections. Et de fait, le Président de la République vient plutôt de pratiquer jusqu’à la caricature le fameux principe de deux poids deux mesures. Certes, Soumaïla CISSE, en se retirant effectivement du gouvernement, contrairement aux rumeurs de limogeage (d’ailleurs, on sait que le 3ème Vice-Président de l’Adema avait plusieurs fois laissé entrevoir cette possibilité, sinon qu’il aspirait même, pour diverses raisons pas forcément liées aux primaires, à se retirer depuis quelques mois déjà…), a posé un acte politique inscrit dans les principes démocratiques.

Mandé contre l’Adema 

Mais, on aurait pu s’attendre à voir Mandé SIDIBE suivre la même voie, d’autant que le Premier Ministre est loin d’avoir levé l’équivoque sur ses intentions, la consécration du candidat de la Ruche ayant plutôt maintenues intactes les questions soulevées tout au long de ce processus de désignation et justifiant le pavé dans la mare du retrait du chef du gouvernement. Le maintien de l’actuel Premier Ministre à la tête du gouvernement, ainsi que de son Ministre de l’Administration, paraît un coup dur porté à la fois aux attentes d’un climat serein d’élections jugées capitales dans la vie nationale et de la jeune démocratie, sur le double plan des principes démocratiques et républicains. Et pour cause, le Premier Ministre, démocratiquement, ne devrait pas procéder de la seule volonté présidentielle, mais plutôt devrait être la conjugaison de cette volonté avec l’aspiration de la majorité parlementaire. Or, les dernières semaines auront convaincu que Mandé SIDIBE ne pouvait plus prétendre gouverner avec la disposition de la confiance de l’Adema, son parti d’origine et auquel il n’a cessé de s’opposer, voire de dénoncer. Le rejet des réserves du Premier Ministre, quant à la conduite du processus de désignation du candidat que l’Adema vient ainsi de choisir constitue un cinglant désaveu pour celui dont le maintien à la tête de l’exécutif ne semble plus procéder que de la seule volonté présidentielle. Par ailleurs, on sait qu’en dépit du choix de l’Adema, Mandé SIDIBE persiste et signe, comme il l’avait laissé entendre dans sa lettre du 21 décembre dernier au Président du part majoritaire, Dioncounda TRAORE et dans laquelle, s’il faisait son deuil quant à la suite accordée à ses réserves, il maintenait tout de même ses prétentions : «Je demeure candidat et engagé dans la voie de la recherche de solutions de nature à sauvegarder le parti et à assurer sa victoire aux élections de 2002». Et au demeurant, son équipe ne fait nul mystère de la détermination à conduire jusqu’au bout une candidature, non plus pour le choix du parti, mais bien pour les présidentielles de 2002. Ainsi, les responsables de la campagne du Premier Ministre n’écartent même pas l’éventualité d’attaquer, aux fins d’invalidation, l’investiture du candidat choisi par l’Adema pour les prochaines présidentielles, signe qu’il n’y aucune illusion à se faire quant à leur volonté de voir leur champion participer aux compétitions. En somme, Mandé SIDIBE et son parti d’origine, qui l’a investi de sa confiance à la tête de l’exécutif, ne parlent plus le même langage ; mieux, le Premier Ministre sera candidat contre le candidat et la volonté de son parti.

L’Etat au service d’un individu

A ce principe démocratique jeté aux orties, la présence de Mandé SIDIBE à la tête du gouvernement met tout aussi durablement à mal le principe d’égalité des potentiels candidats aux prochaines présidentielles. Dans les faits, il paraît relativement impossible, à trois des élections présidentielles, de voir intervenir un remaniement d’envergure qui verra partir l’actuel Premier Ministre de la tête du gouvernement et son remplacement par quelqu’un dont l’impartialité fera moins de doute. Il en va de même du cas de Ousmane SY, le patron des futures élections, qui, non seulement s’est affiché sans équivoque dans le sillage du candidat choisi et investi par la Ruche ce dimanche, mais dont l’épouse est la directrice de campagne. Le maintien de ces hommes au gouvernement, ainsi que leurs affidés, équivaut à mettre les moyens de l’Etat au service d’ambitions personnelles d’une poignée d’individus, voire d’oligarchies familiales comme la démocratie malienne, ces dix dernières années, n’a cessé d’en fournir maints exemples. Au demeurant, tant sur le plan médiatique que sur bien d’autres plans, comme des tournées et autres sorties auprès des populations, le Premier Ministre aura fait un usage plus qu’éloquent des moyens de l’Etat et démontré ainsi sa vision de la chose publique. A moins d’une déclaration de retrait de la compétition, on voit comment avec le calendrier sportif et politique fourni, le Président de la république pourrait s’offrir le luxe d’un chamboulement gouvernemental et dans lequel les équilibres seront respectés.

Le gouvernement désagrégé en agrégats de soutiens aux candidats

Mais en définitive, le problème n’est vraiment pas lié au départ de telle ou telle personnalité. Dans le contexte préélectoral chargé d’enjeux, toucher un tant soi peu à l’exécutif devrait signifier, du moins dans les attentes, une refonte en profondeur dans le seul but d’instaurer un climat serein dans lequel conduire les élections. En effet, les partisans de Mandé SIDIBE reprochaient au C.E.-Adema de s’être transformé en agrégats de soutiens aux candidats. C’était tout aussi oublié que dès l’annonce des primaires, le gouvernement lui-même avait été la première structure à se désagréger en une multitude d’agrégats de soutiens à ses trois membres. L’exemple le plus éloquent, à ce propos, n’est autre que celui du nouveau promu pour remplacer Soumaïla CISSE, Alhassane Ag MOUSSA, éminent membre du C.E.-Adema qui figurait à la fois parmi les signataires de la lettre de l’appel aux militants pour faire barrage au C.E., en date du 26 décembre 2001, dénonçant ainsi la tenue des primaires. Or, il n’est un secret pour personne que les initiateurs de cette campagne de dénonciation étaient tous acquis à Mandé SIDIBE dans sa détermination à la prééminence d’un candidat consensuel. Il n’est guère, à ce propos, de revenir sur le cas déjà évoqué de Ousmane SY. Avec le faux suspens maintenu sur la candidature du Premier Ministre, croire sa détermination à se présenter à la course pour Koulouba, faut-il croire que l’on verra ces personnalités gouvernementales remettre subitement leurs desiderata aux placards et se refaire une virginité d’impartialité ? Le doute est permis. De fait, il indubitable que la campagne des primaires de l’Adema avait déjà contribué à laminer sérieusement l’unité du gouvernement. Il est tout aussi évident qu’avec ce replâtrage, on ne pourra toujours pas faire l’injure à ces hommes de n’avoir que des convictions saisonnières. Au plus, il faut s’attendre à les voir plutôt aller jusqu’au bout de leur logique. Avec l’Etat en plus ! Avec un Premier Ministre et des Ministres partisans, ce gouvernement si est-il donc en mesure de conduire le pays à des élections vraiment crédibles et transparentes ?
Le Président KONARE ne peut convaincre ainsi de sa volonté d’élections impartiales. De fait, ce replâtrage apparaît singulièrement comme un cheveu dans la soupe, mieux encore une occasion manquée. Un crédit de moins à la cote d’un Président sortant dont l’impartialité est de plus en plus écornée…

Yaya TRAORE et Sambi TOURE

COMMUNIQUE

Conseil des Ministres du  28/11/2001 

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