Un
Espagnol aurait été enlevé ce vendredi 7 septembre dans la
localité de Niafunké, selon un ressortissant du nord qui a
appelé la rédaction de Koaci.com à Bamako. L’Espagnol dont on
ignorait tout de la profession et des raisons de sa présence à
Niafunké, se serait rendu dans cette ville en compagnie d’un
Malien qui le transportait à moto. Après un interrogatoire, le
résultat serait que « l’Espagnol est un déséquilibré » ; il
aurait été mis dans un navire et expédié vers le sud Mali,
indiquent nos sources.
L’Espagnol a été capturé lorsqu’il tentait de traverser le
fleuve Niger qui arrose cette petite ville située à 250 km au
sud-ouest de Tombouctou. MUJAO ou Ansar Dine, qui sont les
ravisseurs ? « En réalité, il n’y a pas une grande différence
entre MUJAO, Ansar Dine ou MNLA », répond un ressortissant du
nord qui confirme la capture de l’Espagnol. Les combattants sont
mobiles entre les groupes armés, de sorte que de nombreux
combattants du MNLA sont devenus Ansar Dine ou MUJAO. « Je ne
fais pas de différence entre Ansar Dine et MUJAO, ils sont tous
liés à Al Qaïda », selon notre interlocuteur. Capturé,
l’Espagnol aurait passé une bonne partie de l’après midi dans un
interrogatoire des groupes armés qui occupent le nord Mali.
Jusqu’à l’information selon laquelle l’Espagnol serait un
détraqué, on s’interroge sur les raisons de la présence d’un
européen dans cette partie du nord Mali sous occupation depuis
janvier 2012.
Au nord Mali, les groupes armés, le Mouvement pour l’Unicité et
le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) notamment, ont étendu
leur occupation vers le centre en prenant le contrôle de la
ville de Douentza, après y avoir démantelé les camps du Ganda
Izo, dont les éléments ont été simplement ligotés. A Douentza
désormais la charia s’applique exigeant le port du voile pour
les femmes et interdisant la cigarette et l’alcool.
Depuis le mois de juin, les islamistes exercent au nord Mali un
contrôle total et y appliquent la loi islamique. Le 29 juin
dernier, en application de la charia, un couple a été lapidé à
mort pour avoir eu des enfants hors mariage.
Un présumé voleur a été amputée d’une main à Ansongo. Et
plusieurs personnes ont été frappées de cent coups de fouet à
Tombouctou et Gao en application de la charia, pour avoir eu des
relations extra conjugales, ou pour avoir fumé ou bu de
l’alcool.
MALI - BAMAKO LE 8 SEPTEMBRE 2012 © koaci.com
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